Une conviction guide notre approche de la décarbonation : elle doit produire des résultats concrets, mesurables, et pas seulement des plans d'action. C'est dans cette logique que nous avons accompagné Hinojosa Packaging Group France, avec une démarche structurée en trois étapes : mesurer, prioriser, agir.
Une première étape clé : objectiver les émissions
Avant de décider quoi faire, il faut savoir où l'on en est. Le diagnostic carbone réalisé chez Hinojosa France a permis de cartographier les émissions scope 1 et 2, avec une lecture très claire de la structure des rejets :
- Énergie — principalement le gaz naturel consommé dans les procédés industriels (premier poste)
- Transport — flotte de véhicules et logistique (second poste significatif)
- Emballages et matières — scope 3 partiel, cartographié pour prioriser
Conclusion immédiate : l'énergie et le transport concentrent l'essentiel du potentiel de réduction. C'est là que les efforts doivent se concentrer.
Priorisation des leviers : là où l'impact est réel
L'analyse met en évidence un point structurant : la dépendance au gaz naturel dans les procédés industriels. La production de vapeur, fortement consommatrice de gaz, constitue le cœur des émissions énergétiques.
Ce constat oriente immédiatement la stratégie vers trois axes :
- La substitution du gaz par des alternatives décarbonées (vapeur électrique, pompes à chaleur industrielles, biogaz)
- L'optimisation des procédés existants pour réduire les consommations avant substitution
- Les études techniques approfondies pour dimensionner les solutions
par tonne produite
(2022–2025)
de gaz naturel
la flotte de véhicules
locative
Le vrai facteur différenciant : passer du plan aux projets techniques
L'un des enseignements majeurs de ce projet : le diagnostic ne suffit pas. Trop de démarches carbone restent au stade du plan d'actions sans jamais déboucher sur des projets techniques concrets. C'est pourquoi l'accompagnement ne s'est pas arrêté à la feuille de route.
Audits énergétiques approfondis
Des audits énergétiques techniques ont permis d'affiner les pistes identifiées, de dimensionner les solutions, de sécuriser la faisabilité technique et économique, et de prioriser les investissements selon leur rapport coût/impact carbone.
La substitution du gaz : potentiels très élevés
Les études ont permis d'explorer des solutions alternatives pour la production de vapeur et de chaleur industrielle. Les potentiels identifiés sont considérables :
Potentiel de décarbonation
Jusqu'à –79 % à –87 % d'émissions sur certains usages énergétiques selon les solutions retenues — pompe à chaleur industrielle haute température, électrification de la vapeur, intégration de biogaz.
En parallèle : agir sur le fret
Le transport représentant le second poste d'émissions, plusieurs leviers ont été travaillés en parallèle : optimisation des tournées et du remplissage, travail avec les transporteurs sur leurs propres engagements, réflexion sur le report modal vers le ferroviaire pour les flux longue distance.
Un double bénéfice : carbone et économique
L'analyse met en lumière un point critique souvent sous-estimé : la hausse des coûts liés au carbone — prix de l'énergie fossile et taxe carbone — génère des surcoûts croissants pour l'entreprise. Sans action, ces évolutions fragilisent la compétitivité.
La décarbonation devient donc à la fois une obligation réglementaire et un levier de compétitivité économique à moyen terme.